Et si tu n’avais pas besoin de survivre à la rentrée,...mais d’avoir un plan pour la traverser?
La rentrée est souvent présentée comme une période où il faut retrouver son rythme, reprendre ses habitudes et s'assurer que tout fonctionne à la maison. Les lunchs à préparer, les horaires à coordonner, les vêtements à prévoir, les devoirs, les rendez-vous, le travail,... et au milieu de tout cela, il y a toi.

Toi qui essaies de répondre aux besoins de tes enfants, de soutenir ton partenaire, de maintenir un certain équilibre familial et de ne pas oublier tes propres besoins. Toutefois, que se passe-t-il lorsque cette volonté de bien faire devient une pression constante?
Et si, cette année, tu n'avais pas besoin de chercher à tout réussir, mais plutôt de te construire un plan pour traverser la rentrée sans t'oublier?
En tant que psychoéducatrice, je t'invite à réfléchir aux mécanismes qui peuvent contribuer à l'épuisement parental, aux pièges de la performance parentale et aux stratégies qui peuvent t'aider à retrouver un équilibre adaptatif plus sain.
La rentrée : une période de transition qui sollicite toute la famille
Une rentrée ne représente pas uniquement un changement d'horaire. Elle peut impliquer une adaptation à de nouvelles routines, de nouvelles exigences, de nouveaux déplacements et parfois même de nouvelles personnes dans l'environnement de l'enfant. Puis, les parents aussi doivent s'adapter.
Pourtant, nous vivons dans une société qui valorise grandement la culture de la performance. Nous sommes souvent encouragés à être efficaces, organisés et à chercher constamment à faire mieux, y compris dans notre rôle de parent. Cette pression peut se manifester particulièrement lors de la rentrée scolaire, une période où les responsabilités se multiplient et où nous souhaitons que tout se déroule le mieux possible.
Comme le souligne la psychologue Ariane Hébert dans l'article intitulé: Le petit guide de survie de la rentrée, « la rentrée est une période durant laquelle on s'impose beaucoup de pression en tant que parent ». Nous pouvons alors avoir l'impression que nous devrions être immédiatement organisés, efficaces et capables de répondre à toutes les demandes. Comme si, dès la première semaine, tout devait être parfaitement en place.
Mais l'adaptation demande du temps.
Nous devons nous donner, ainsi qu'à nos enfants, le temps nécessaire pour apprivoiser ce nouveau rythme, ajuster nos attentes et reconnaître que tout ne peut pas être parfait dès le départ. Plutôt que de chercher à tout réussir immédiatement, nous pouvons nous demander :
Qu'est-ce qui est réellement prioritaire en ce moment?
Quelles attentes pourraient être temporairement ajustées?
De quoi notre famille a-t-elle besoin pour retrouver progressivement son équilibre?
Une période de transition n'exige pas la perfection. Elle demande de l'adaptation, de la flexibilité et des ressources suffisantes pour avancer.
Comprendre les mécanismes qui peuvent contribuer à l'épuisement parental
L'épuisement parental peut toucher différents parents, à différents moments de leur parcours. Il ne concerne pas uniquement les parents qui vivent des difficultés importantes ou qui manquent de compétences parentales. Selon la psychologue Suzanne Vallières (2019), tous les parents peuvent être à risque de vivre un épuisement, notamment lorsque les exigences du quotidien deviennent difficiles à soutenir et que les ressources disponibles ne suffisent plus.
Mais comment expliquer ce phénomène?
Un déséquilibre entre nos ressources et les stresseurs du quotidien
L'épuisement parental est notamment associé à un déséquilibre chronique entre les stresseurs auxquels nous sommes confrontés et les ressources dont nous disposons pour y faire face (Mikolajczak et Roskam, 2018). Pour mieux comprendre cette idée, imaginons une balance. D'un côté, nous retrouvons les stresseurs, c'est-à-dire les exigences, les situations difficiles et les pressions qui sollicitent notre énergie physique et émotionnelle. De l'autre, nous retrouvons nos ressources, soit ce qui nous aide à répondre à ces exigences et à récupérer.
Lorsque les stresseurs deviennent importants et se maintiennent dans le temps, tandis que nos ressources sont insuffisantes ou difficiles d'accès, notre équilibre peut progressivement se fragiliser. Et lorsque ce déséquilibre s'installe de manière chronique, le risque d'épuisement peut augmenter.
Quels sont les stresseurs qui peuvent contribuer à cet épuisement?
Les stresseurs peuvent être liés à différentes dimensions de notre vie personnelle, familiale et sociale tels que le perfectionnisme parental, des difficultés à gérer le stress, des exigences parentales élevées, une culture de la performance. Plusieurs de ces facteurs de risque sont évoqués dans la littérature scientifique sur l'épuisement parental (Sánchez-Rodríguez et al., 2019; Mikolajczak et Roskam, 2018). Toutefois, il est essentiel de retenir une chose : la présence d'un ou de plusieurs facteurs de risque ne signifie pas qu'un parent vivra nécessairement un épuisement.
Et qu'en est-il de nos ressources?
Nous devons également nous intéresser à ce qui peut nous aider à faire face à nos stresseurs. Nos ressources peuvent être personnelles, familiales ou sociales. Elles peuvent notamment inclure : le soutien social, avoir accès à de l'aide psychologique, la participation des enfants à la vie familiale ainsi que la capacité à reconnaître ses limites. Plusieurs de ces facteurs de protection sont également évoqués dans la littérature scientifique sur l'épuisement parental (Sánchez-Rodríguez et al., 2019; Mikolajczak et Roskam, 2018).
Une question à se poser
Lorsque tu observes ton quotidien, demande-toi :
« Est-ce que mes exigences actuelles correspondent réellement aux ressources dont je dispose? »
Parfois, nous cherchons à développer de nouvelles stratégies pour mieux gérer notre quotidien, alors qu'une partie de la solution consiste aussi à réduire certaines exigences, partager davantage les responsabilités ou demander du soutien. La prévention de l'épuisement parental ne repose donc pas uniquement sur notre capacité à nous adapter aux stresseurs. Elle implique également de réfléchir à la manière dont nous pouvons augmenter nos ressources et agir sur ce qui peut être ajusté dans notre environnement dans le but de retablir un équilibre dans notre balance.
À retenir
Prévenir l'épuisement parental, ce n'est pas devenir une maman capable de tout gérer. C'est apprendre à reconnaître l'équilibre/ déséquilibre entre nos exigences et nos ressources, afin de mieux prendre soin de nous et de notre famille.
Retrouver un équilibre plus sain : un plan réaliste, pas une nouvelle liste d'obligations
Lorsqu'on souhaite prévenir l'épuisement parental, on peut être tentée d'ajouter de nouvelles habitudes à notre quotidien.
Faire de l'exercice, méditer, mieux dormir, prendre du temps pour soi…
Toutes ces stratégies peuvent être intéressantes, mais si elles deviennent une nouvelle source de pression, elles risquent de perdre leur utilité. L'objectif n'est pas de créer une maman encore plus performante. L'objectif est de réfléchir à des changements réalistes, adaptés à ta situation.
Étape 1 : Observer ton niveau d'énergie
Prends quelques instants pour te demander :
Comment est-ce que je me sens physiquement et émotionnellement?
Quelles situations me demandent le plus d'énergie?
À quels moments de la journée est-ce que je me sens particulièrement sollicitée?
Qu'est-ce qui m'aide à retrouver mon calme?
L'observation est une étape clé qui te permet de mieux comprendre tes besoins avant de chercher des solutions.
Étape 2 : Identifier ce qui peut être simplifié
Tu n'as pas nécessairement besoin de TOUT modifier. Parfois, UN petit ajustement peut faire une différence. Par exemple :
Prévoir des repas simples pour les journées chargées.
Réduire temporairement certaines tâches non essentielles.
Accepter qu'une partie du ménage soit reportée.
L'objectif est de réduire la pression là où cela est possible, plutôt que de chercher à tout contrôler.
Étape 3 : Déterminer UNE priorité pour TOI
Dans ton quotidien, quelle place accordes-tu à tes propres besoins? Il ne s'agit pas nécessairement de prévoir une heure entière pour toi chaque jour. Tu pourrais commencer par identifier UNE action réaliste :
Prendre dix minutes par jour sans sollicitation.
Sortir marcher quelques minutes.
Manger sans être interrompue lorsque c'est possible.
Demander à ton entourage de prendre en charge une tâche.
T'accorder un moment de repos sans chercher à le rentabiliser.
Étape 4 : Prévoir un plan lorsque la pression augmente
Il peut être utile d'identifier à l'avance les signes qui indiquent que tu as besoin de ralentir.
Par exemple : « Lorsque je remarque que je deviens plus irritable et que je me sens dépassée, je vais prendre quelques minutes pour m'arrêter, identifier ce dont j'ai besoin et ajuster mes attentes si nécessaire. » Ce type de plan permet de réfléchir à tes stratégies avant d'être complètement submergée. Il ne supprimera pas tous les imprévus, mais il peut t'aider à mieux y répondre.
Et si tu n'avais pas besoin de tout porter seule?
La prévention de l'épuisement parental ne repose pas uniquement sur les stratégies individuelles. L'organisation familiale, le partage des responsabilités et le soutien social jouent également un rôle important dans la manière dont un parent peut faire face aux exigences du quotidien. Parfois, tu as besoin de mieux organiser ton temps. Toutefois, tu as surtout besoin que certaines responsabilités soient réellement partagées.
Tu peux alors te demander :
Quelles responsabilités reposent principalement sur moi?
Quelles tâches pourraient être réparties autrement?
Est-ce que j'exprime clairement mes besoins à mon entourage?
Où pourrais-je demander du soutien?
Quelles attentes familiales pourraient être revues ensemble?
Demander de l'aide n'est pas un signe d'échec. C'est aussi une façon de reconnaître que les responsabilités parentales ne devraient pas reposer sur une seule personne.
Traverser la rentrée sans s'oublier : revenir à l'essentiel
La rentrée peut être une période exigeante. Elle peut aussi devenir une occasion de réfléchir à la manière dont nous souhaitons prendre soin de notre famille et de nous-mêmes. Tu n'as pas besoin de TOUT faire parfaitement. Tu n'as pas besoin d'attendre d'être complètement épuisée pour reconnaître tes limites. Tu peux commencer par observer, ajuster, demander du soutien et choisir ce qui mérite réellement ton énergie.
Prévenir l'épuisement parental, ce n'est pas chercher à éviter toutes les difficultés. C'est développer une meilleure compréhension de ses besoins, de ses limites et des stratégies qui peuvent soutenir son équilibre adaptatif au quotidien.
Alors, cette rentrée, plutôt que de te demander : « Comment vais-je réussir à tout gérer? »
Et si tu te demandais :
« De quoi ai-je besoin pour traverser cette période sans m'oublier? »
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Cet atelier interactif, conçu spécialement pour les mamans, te permettra d'approfondir les mécanismes qui peuvent contribuer à l'épuisement parental, les pièges de la performance parentale et les stratégies pour poser tes limites avec plus de confiance.
Nous travaillerons à partir d'études de cas concrètes et de situations du quotidien, en plus de favoriser des échanges en grand groupe. L'objectif : repartir avec des outils psychoéducatifs et des pistes de réflexion applicables à ta réalité.
Au plaisir de vous accompagner et d'échanger avec vous!
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Rédigé par: Regina Angelly Osega Robles, ps. éd., Psychoéducatrice spécialisée en soutien à la parentalité, maman, conférencière, fondatrice du Bonheur est à ta portée ainsi que du programme Parents à Bouttes
Membre en règle de l'Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec (OPPQ)








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